Le plat pays (d'après Jacques Brel)

à Nelly et Michel

Avec le vieux hangar pour dernier terrain vague
Et des dunes de blé où le vent fait des vagues
Et de vagues chiffons que le vent nous arrache
Qui nous emmènent au ciel, au ciel ou bien aux vaches
Avec infiniment de tempête à venir
Avec le vent d'sud-ouest, écoutez-le gémir
Le plat pays qui est le mien

Avec des taupinières pour uniques montagnes
Et le mât d'la biroute comme mât de cocagne
Et cette manche à air toujours horizontale
Et qui, du bon côté, jamais ne se décale
Avec ce ciel si gris qu'on voudrait déchirer
Avec le vent d'nord-ouest, écoutez-le hurler
Le plat pays qui est le mien

Avec des soirs d'été où l'air semble si doux
Avec des lacs si bleus que le ciel est jaloux
Avec des lacs si bleus qu'un oiseau s'est perdu
Avec un ciel si pur qu'il faut lui pardonner
Avec le vent d'sud-est qui se fait oublier
Avec le vent d'sud-est, écoutez murmurer
Le plat pays qui est le mien

Avec les bulles rondes qui nous mènent au plus-haut
Avec Nelly la blonde quand elle devient oiseau
Quand les brumes de novembre se dissipent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire, quand le vent est léger
Quand le vent est nord-est, écoutez-le vibrer
Le plat pays qui est le mien